Gilles Paquet, Gouvernance mode d’emploi, Montréal, Liber, 2009. La théorie de la firme selon les droits de propriété a été développée par plusieurs groupe de recherche : . Mais la difficulté vient bien sûr du fait que, même s’il y a l’une ou l’autre théorie unifiée de ce qu’est ou devrait être la gouvernance, les usages qui en sont fait dans la pratique sont éminemment complexes et variables. "«Meilleures pratiques» de gouvernance, théorie de la firme et modèles de création de valeur: Une appréciation critique des codes de bonne conduite," Working Papers CREGO 1040401, Université de Bourgogne - CREGO EA7317 Centre de recherches en gestion des organisations. Remarquons-le toutefois, le concept en version numéro 1 peut bien sûr se combiner dans la pratique avec le concept version numéro 2 : il y a alors recoupement de notions entre lesquelles il n’y a pas de cloisons étanches. Dans cet esprit, la gouvernance des entreprises repose sur l’idée selon laquelle, il est important de mettre en place un système susceptible de minimiser les conflits entre le principal et l’agent pour maximiser la création de richesse de la firme. Rajan et Zingales sont deux économistes travaillant aux Etats-Unis qui ont développé à la fin des années 1990 et 2000 des travaux importants pour penser la théorie de la firme, la gouvernance des entreprises et la finance. 3- Quelles sont les frontières de l’entreprise ? Montréal, PUM. Gilles Paquet, Crippling Epistemologies and Governance failures. 17  Pour plus de détails, voir C. Choquette et A. Létourneau, Vers une gouvernance de l’eau au Québec. Concernant la problématique du St-Laurent, en contact immédiat avec les Grands Lacs qui sont partagés, rappelons-le, entre le Canada et les États-Unis, la situation a aussi quelque peu avancé, comme on peut le voir simplement en étudiant la carte fournie par Stratégie Saint-Laurent (juillet 2009) en comparaison avec la nouvelle carte des organismes de bassin, dont certains il est vrai n’ont encore une existence que formelle.18 Sans doute que de nouvelles discussions sont à prévoir entre comités ZIPs (Zones d’interventions prioritaires) et OBVs (organismes de bassins versants) sur le territoire québécois! 17La gouvernance permet aujourd’hui bon nombre de discours et de pratiques; voir notamment le chantier de l’eau depuis une quinzaine d’années au Québec, autour de la Gestion intégrée par bassin versants. Leur rôle sort légèrement renforcé dans le contexte de la nouvelle Loi.17 De plus, dans le contexte fédéral canadien, la navigation et le fleuve St-Laurent sont de juridiction fédérale, ainsi que la pêche. DOI : https://doi.org/10.3406/rei.2003.3131, www.persee.fr/doc/rei_0154-3229_2003_num_104_1_3131, Maître de Conférences Université Paris X Nanterre - FORUM (UMR 7028). à la gouvernance d'entreprise), la logique transactionnelle consiste à identifier, pour chaque partie prenante à la firme (travailleurs, financiers, etc. C’est ici une attribution de valeur qui fonctionne, avant même tout dilemme particulier, mais qui va forcément ressortir à l’occasion des différents dilemmes. Dans ce contexte, gouvernance et décentralisation vont forcément de pair, quoiqu’encore là ce ne sont pas de purs équivalents : il est possible de penser une décentralisation sans la gouvernance. Elle implique une visée de participation publique et une vision décentrée du pouvoir, celui-ci n’étant plus la prérogative du seul État de droit. Quitte à conserver les discussions sérieuses à y avoir entre ces partenaires pour une étape ultérieure, une fois qu’on s’entend sur la volonté de conciliation de ces volets et de ces types d’acteurs. La théorie de l'agence ou dilemme de l'agence [1] est la branche de l'économie qui s'occupe des conséquences du problème principal-agent, en particulier à l'intérieur d'une même unité économique, administration ou entreprise.En tant que telle, elle constitue un domaine à cheval entre l'économie industrielle et la théorie des organisations. On the Ethics of Concealment and Revelation. Isabelle ALLEMAND a reçu le prix de la Recherche en gouvernance 2009 pour sa thèse en Sciences de Gestion, soutenue le 13 juin 2008 ur le thème «Contribution à la théorie de la gouvernance : le marché des dirigeants, mécanisme particulier de gouvernance des entreprises» à l’Université de Bourgogne sous la direction du Pr. La TAG étant considérée comme la racine de cette nouvelle conception de la gouvernance, nous l'analysons avant d'évoquer les implications de la TGP. Un concept et ses applications. Notre vision de la gouvernance risque de différer pas seulement en fonction de notre position dans le jeu, ce que révélerait sans aucun doute une analyse stratégique, mais aussi selon les attributions ou dotations de valeur que nous opérons de toutes manières, et qui reflètent ce qui pour nous est effectivement le plus désirable. Mots clés : concept de gouvernance, théorie de l’agence, l’économie des contrats. Les dirigeants, considérés comme les agents de ces derniers, ont pour objectif unique de maximiser le retour sur fonds propres. Michel Callon, Pierre Lacoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain. Guy Hermet, « La gouvernance serait-elle le nom de l’après-démocratie? Je propose ici de le considérer dans sa fonction mobilisatrice.4 Son but serait alors de rallier le plus grand nombre d’acteurs possibles, un peu comme le fait d’une autre manière le concept de développement durable. Montréal, Liber, 2006, p. 105-123. REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 104, 4s"ie trimestre 2003 85. Quelle valeur allons-nous reconnaître aux retombées économiques immédiates par opposition à la valeur des écosystèmes considérée à long terme? Le management est vu comme créateur de structures organisationnelles mieux conçues et plus adéquates, c’est l’idéologie du managérialisme qui va tout à fait de pair avec le néo-libéralisme et souligne très fort l’intérêt des forces du marché. La théorie des parties prenantes est développée d’abord par les théoriciens 2- A qui appartient l’entreprise ? Ces différentes tendances sont toutes prévisibles également à partir du type même de concept que représente la gouvernance. Economiste de formation et agrégé de l'Université, il effectue des missions en tant que consultant dans le domaine de l'organisation et de la stratégie. 19  John Dewey, Theory of Valuation. Il semble plus opportun pour le moment de repérer les principaux usages que nous rencontrons effectivement des recours à la gouvernance. Appliquée à la question de la répartition du pouvoir dans l'entreprise {i.e. 2  Voir récemment Gilles Paquet, Crippling Epistemologies and Governance failures. Catherine Choquette et Alain Létourneau (dir. 19Notre compréhension des éléments qui constituent la gouvernance risque de faire en sorte de favoriser certains éléments au détriment de d’autres. La firme est définie comme un noeud de contrats (nexus of contracts) et le dirigeant a pour charge de définir la nature des taches et de choisir les personnes qui doivent. », repris dans Ch. 8  G. Paquet, Gouvernance mode d’emploi, Montréal, Liber, 2009, p. 46. URL : http://journals.openedition.org/vertigo/8891 ; DOI : https://doi.org/10.4000/vertigo.8891, Professeur titulaire, Département de philosophie, Université de Sherbrooke, Canada Alain.Letourneau@USherbrooke.ca. Ces interprétations, tout comme les attributions de valeurs, sont mobilisées par certains acteurs. Boris J. Brummans, Linda L. Putnam, Barbara Gray et al. incitations (TI), la théorie des contrats incomplets (TCI) et la théorie des coûts de transactions (TCT), qui fournissent des éclaircissements sur le concept de gouvernance d’un système. Ce n’est toutefois pas là une discussion éthique pouvant conduire à une décision qui sera justifiable publiquement; cette dernière suppose non seulement l’attribution de valeur, mais aussi (et en particulier) l’évaluation de cette dotation de valeur (niveau réflexif). Elle fait partie des Théories Contractuelles des Organisations qui tentent d'expliquer le fonctionnement des entreprises. Cette reconnaissance s’est traduite, depuis environ une decennie, par des initiatives multiples visant a etablir et a expliciter les « meilleures pratiques » en la matiere. Les défenseurs d'une firme d'« ayants-droit » (stakeholder value) proposent au contraire d'élargir la responsabilité des dirigeants à un cercle plus ou moins vaste de parties prenantes, Mais les modalités concrètes de cet élargissement ne font l'objet d'aucun consensus: s'agit-il simplement d'assigner un objectif pluriel ou complexe à la direction? Si oui, quelles parties et de quelle manière? Dans le cas de la gouvernance, il s’agit bel et bien d’un cadre conceptuel qui nous dit quelque chose à propos de ce qui est souhaitable. La théorie classique retombe sur ces pieds. Les promoteurs de la valeur actionnariale (shareholder value) développent une conception de la firme au service exclusif de ses actionnaires. Transaction Costs Theory, Contractual Incompleteness, Cognitive Approach. Réflexions sur une notion. 21Il y a aussi l’enjeu de publiciser ou non certains aspects des questions. Paris, Seuil, 2001. 8Comme théorie, la gouvernance renvoie à un nouveau modèle d’exercice du pouvoir en société. Au-delà de l'interrogation première sur la nature de la firme, une théorie de la firme doit répondre à deux grandes catégories de questions.Elles sont soit internes et portent sur l'architecture et le fonctionnement de l'entreprise, soit externes et concernent la place et le rôle de l'entreprise dans l'organisation économique et sociale. L’approche choisie peut permettre des dénonciations d’unilatéralisme par la suite. La question de l’éthique des communications circule entre deux éléments importants. Robert E. Freeman, Strategic Manoeuvering: A Stakeholder Approach. Sissela Bok, Secrets. Les différentes parties prenantes sont identifiées au sen ic… Ottawa, University of Ottawa Press, 2009. Résumé du document. 14  Voir ainsi Guy Hermet, « La gouvernance serait-elle le nom de l’après-démocratie? Quelle est la nature de l’entreprise ? Mais les autres joueurs, politiques et sociaux, peuvent aussi l’être car ils peuvent y voir leur rôle renouvelé et transformé. Tiercelin et Pierre Thibaud éditeurs, texte original de Popular Science Monthly, 1878. Montréal, Liber, 2004; voir aussi G. Paquet, Gouvernance, mode d’emploi. Ce concept fait appel à une pluralité d’acteurs et de dimensions, il est donc susceptibles d’interprétations fort diverses, selon qu’on en confie l’interprétation à tels ou tels. On ne conserve secrète une information que dans un contexte de buts stratégiques qui sont poursuivis, par exemple parce qu’on ne veut pas faire dérailler un projet auquel on tient. Comme le disait Gilles Paquet dans sa célèbre définition, la gouvernance c’est « la coordination efficace quand pouvoir, ressources et information sont vastement distribués ».6 Dans sa définition,  Gerry Stoker semble placer un accent particulier sur l’absence de règles centrales: “Governance is about the rules of collective decision-making in settings where there are a plurality of actors or organisations and where no formal control system can dictate the terms of the relationship between these actors and organisations”.7Si Paquet précise que personne n’a tout le pouvoir dans nos organisations, il soutient aussi qu’il n’y a plus de maître du jeu.8 Nous circulons en fait entre trois modèles à l’état pur, qui n’existent pas plus l’un que l’autre sur le terrain : le marché pur avec son échange marchand, l’État pur et la contrainte publique, la réciprocité pure de la solidarité, alors que dans la pratique nous aurons des situations forcément mixtes. Tout le secteur bancaire, public, privé et parapublic sont affectés de nos jours par ce type de demande, qui se fait beaucoup entendre. Communication Monographs 75: 1, 25-51. Cambridge, Polity, 2009. 6  Gilles Paquet, Pathologies de la gouvernance. Quelques questions environnementales », dans A. Lacroix (éd. 5La « gouvernance » est un « construit » auquel nous faisons appel en de multiples lieux pour discuter, mais aussi dans le but de régler en société des problèmes, notamment des problèmes environnementaux. ), Éthique appliquée, éthique engagée. Il y a une bonne composante descriptive et analytique dans ce genre d’approche. Ce sont néanmoins deux niveaux d’interrogation bien distincts. 1 .la théorie néo-classique de la firme : La théorie de la firme fait partie de la construction néo-classique de l’équilibre partiel qui étudie les conditions d’une allocation optimale des ressources entre les différents agents économiques. 16Ceci notamment parce qu’un certain flottement sémantique permet de faire du travail ensemble, du moins pendant un certain temps. Les acteurs économiques, qui ont certes un rôle majeur à jouer et que nous voudrions plus impliqués dans les discussions et dans l’action, peuvent être mobilisés d’une certaine façon par le recours à la gouvernance. On va essayer à travers ce travail de mettre en relief la théorie de l'agence et la gouvernance de … L’inlassable quête du pluralisme limité », dans Guy Hermet, Ali Kazancigil et Jean-François Prud’homme, La gouvernance. cit., p. 66. Nous pourrions ainsi distinguer des variantes du concept de gouvernance, avec des accents multiples. 10L’idée de polycentrisme joue un rôle important dans la discussion de la gouvernance. La théorie de la firme occupe de nombreux travaux en économie et gestion. Governance d'entreprise et théorie de la firme. Un des problèmes assez évidents qui vient avec le concept de gouvernance, c’est le fait que les attributions de responsabilités peuvent ne pas être très claires, et de là peuvent suivre des flottements, hésitations, actions contradictoires de plusieurs acteurs. Emmanuelle  Danblon, La fonction persuasive.Anthropologie du discours rhétorique : origines et actualité. 3  Voir sur ce point Robert Paehlke, « Espace biophysique et sens des proportions : pour une politique environnementale à la bonne échelle », dans Edward A. Parson (dir), Gérer l’environnement. La grande majorité des travaux s' inscrivant dans ce champ s'intéressent aux firmes ayant pour support juridique une société anonyme cotée. Laurence E. Lynn, Public Management : Old and New.New York, Routledge, 2006. 23Et dans certains cas, de telles prises de position souvent implicites peuvent venir grandement ralentir ou même neutraliser les processus de décision. i, la structure de gouvernance la plus appropriée à la transaction requise (activité productive, financement, etc.) Montréal, Liber, 2009. Au sens le plus large, la gouvernance d'entreprise renvoie à la structure et à l'exercice du pouvoir dans les entreprises. Montréal, Liber, 2004; voir aussi G. Paquet, Gouvernance, mode d’emploi. Québec, Éditions multimondes, 2008. Montréal, PUM. Nous pourrions poser la question de savoir s’il faut chercher à s’entendre sur des appellations et des définitions au sens plus restreint, ce serait la solution d’une terminologie plus précise ou plus étroite.